Tutorat : enjeux et mode d’emploi

Écrit par Jean-Pierre Ledoux le 11 avril 2014. Posté dans Engagement, Formation - GPEC

engagement des collaborateurs3Le tuteur est la personne à qui l’entreprise confie le soin d’accompagner et de former les nouveaux arrivants (mutés, nouveaux embauchés, intérimaires…) pour leur permettre d’apprendre leur futur métier dans les meilleures condi­tions possibles. À qui cette mission est-elle confiée ? Quels en sont les enjeux ? Comment en garantir la réussite ?

À qui est confié le tutorat ?

Cette mission de tutorat est confiée aux collaborateurs « référents », c’est-à-dire aux personnes dont l’expérience et le sérieux en font des experts reconnus, et des références à la fois dans leur domaine de compétences et pour leur conscience professionnelle.

Ils sont également choisis pour leur capacité à transmettre leur savoir-faire :

  • Ils aiment communiquer.
  • Ils ont toujours des comportements actifs face aux problèmes.
  • Ils savent se remettre en cause.
  • Ils sont rigoureux et méthodiques.

Sans être des « moutons à cinq pattes », ils sont une valeur sûre, car ils sont non seulement des garants de la mémoire de l’entreprise, mais aussi les acteurs de ses évolutions et de ses progrès.

Quelles sont les missions du tuteur ?

Les missions du tuteur consistent :

  •  à s’approprier les « plans de formation » au poste de travail : c’est-à-dire la liste des apprentissages que le tuteur aura à transmettre tout au long de la période de tutorat ;
  • à prévoir dans son organisation les séances de tutorat ;
  • à assurer les séances de tutorat et le suivi des progrès de « son tutoré » ;
  •  à être l’interlocuteur de son « tutoré » entre les séances de tutorat, en cas de problème ou d’interrogation de son tutoré ;
  • à s’exprimer sur la validation des acquis en fin de période de tutorat.

Quels sont les enjeux du tutorat ?

Les enjeux du tutorat sont importants[1] :

  • réduire le temps d’intégration et de « montée en charge » des nouveaux arrivants ;
  • réduire l’impact des erreurs éventuelles de recrutement par la validation des acquis ;
  • pérenniser les emplois par l’acquisition de réelles compétences ;
  • fidéliser le nouvel arrivant qui se sentira plus rapidement intégré parce que plus rapidement opérationnel, voire professionnel ;
  • capitaliser les savoir-faire de l’entreprise, développer des méthodes de travail communes et les faire évoluer ;
  • favoriser l’esprit d’équipe par le partage de compétences.

Les conditions de réussite

  • Identifier les bonnes pratiques communes à tous les intervenants.
  • Sensibiliser les personnes déjà en poste à respecter ces bonnes pratiques : il ne doit pas y avoir d’incohérences entre ce que le tuteur apprend à son apprenti et ce que l’apprenti observera sur le terrain.
  • Assurer un suivi régulier avec un niveau d’exigence optimum : cela prend autant de temps d’apprendre à bien faire que d’apprendre de travers. Mais corriger de mauvaises habitudes est toujours très chronophage, voire un combat perdu d’avance !
  • Apprendre à l’apprenti, non seulement les techniques d’un métier, mais aussi à s’impliquer à fond dans son travail. Pour cela, saisir toutes les occasions de le faire réfléchir sur ce qu’il fait, plutôt que de lui apporter des réponses « tout cuit » :
    • l’amener à trouver lui-même les réponses aux questions qu’il se pose ;
    • lui faire débriefer son propre travail ;
    • lui apprendre à s’auto-évaluer.

Bon à savoir :

Les OPCA et autres organismes financeurs de la formation offrent aujourd’hui des financements privilégiés pour former des tuteurs. Certains vont jusqu’à prendre en charge 100 % des coûts de la formation (notamment pour les entreprise de moins de 10 salariés).

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Notes    (↵ retour au texte)

  1. On a évalué le coût d’un recrutement à 10 000 €. Ce budget couvre uniquement les frais de formation et d’intégration, ainsi que la « montée en charge » du nouveau collaborateur,  y compris le coût des erreurs inévitables en phase d’apprentissage. Mais il ne comprend pas les frais éventuels de cabinet de recrutement, ni le salaire du nouvel embauché durant sa période d’essai.

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