Le tuteur est la personne à qui l’entreprise confie le soin d’accompagner et de former les arrivants (mutés, nouveaux embauchés, intérimaires) pour leur permettre d’apprendre leur futur métier dans les meilleures conditions possibles, mais aussi, plus largement, différents types de collaborateurs dans le cadre de l‘AFEST, par exemple (Action se formation en situation de travail)… À qui cette mission est-elle confiée ? Quels en sont les enjeux ? Comment en garantir la réussite ?

Focus sur le tutorat

Quels sont les enjeux du tutorat ?

Les enjeux du tutorat sont importants. Il s’agit en effet :
–  de réduire le temps d’intégration et de « montée en charge » des nouveaux arrivants ;
– de réduire l’impact des erreurs éventuelles de recrutement par la validation des acquis ;
– de pérenniser les emplois par l’acquisition de réelles compétences ;
– de fidéliser le nouvel arrivant qui se sentira plus rapidement intégré parce que plus rapidement opérationnel, voire professionnel ;
– de capitaliser sur les savoir-faire de l’entreprise, de développer des méthodes de travail communes et de les faire évoluer ;
– de réussir l’expérience d’Action de formation en situation de travail (AFEST : voir ci-dessous) ;
– de favoriser l’esprit d’équipe par le partage de compétences ;

À qui est confié le tutorat ?

Cette mission de tutorat est confiée aux collaborateurs « référents », c’est-à-dire aux personnes dont l’expérience et le sérieux en font des experts reconnus, et des références à la fois dans leur domaine de compétences et pour leur conscience professionnelle.

Ils sont également choisis pour leur capacité à transmettre leur savoir-faire :
– ils aiment communiquer ;
– ils ont toujours des comportements actifs face aux problèmes ;
– ils savent se remettre en cause ;
– ils sont rigoureux et méthodiques.

Sans être des « moutons à cinq pattes », ils sont une valeur sûre, car ils sont non seulement des garants de la mémoire de l’entreprise, mais aussi les acteurs de ses évolutions et de ses progrès.

Quelles sont les missions du tuteur ?

Les missions du tuteur consistent :
– à s’approprier les  plans de développement des compétences au poste de travail, c’est-à-dire la liste des apprentissages que le tuteur aura à transmettre tout au long de la période de tutorat ;
– à prévoir dans son organisation les séances de tutorat ;
– à assurer les séances de tutorat et le suivi des progrès de « son tutoré » ;
– à être l’interlocuteur de son « tutoré » entre les séances de tutorat, en cas de problème ou d’interrogation de son tutoré ;
– à s’exprimer sur la validation des acquis en fin de période de tutorat.

Conditions de réussite du tutorat

– Identifier les bonnes pratiques communes à tous les intervenants.
– Sensibiliser les personnes déjà en poste à respecter ces bonnes pratiques : il ne doit pas y avoir d’incohérences entre ce que le tuteur apprend à son apprenti et ce que l’apprenti observera sur le terrain.
– Assurer un suivi régulier avec un niveau d’exigence optimum : cela prend autant de temps d’apprendre à bien faire que d’apprendre de travers. Mais corriger de mauvaises habitudes est toujours très chronophage, voire un combat perdu d’avance !

– Apprendre à l’apprenti, non seulement les techniques d’un métier, mais aussi à s’impliquer à fond dans son travail. Pour cela, saisir toutes les occasions de le faire réfléchir sur ce qu’il fait, plutôt que de lui apporter des réponses « tout cuit » :
– le conduire à trouver lui-même les réponses aux questions qu’il se pose ;
– lui faire débriefer son propre travail ;
– lui apprendre à s’autoévaluer.

Focus sur l’AFEST

La loi du 5 septembre 2018 rend désormais possible les Actions de formation en situation de travail, ou AFEST (art. L6313-2 du code du travail). Ces dispositions ont été précisées par le décret du 28 décembre 2018 relatif aux actions de formation et aux modalités de conventionnement des actions de développement des compétences. L’Action de formation en situation de travail (AFEST) est donc désormais une modalité de formation à part entière.

De quoi s’agit-il ? Prenons quelques exemples concrets…

1/ Au cours de son entretien professionnel, un Salarié formalise avec son Responsable hiérarchique un bilan de ses pratiques. Ils en concluent des points forts et des points d’amélioration. Globalement, le niveau des compétences du salarié est satisfaisant, mais quelques lacunes ont été constatées, qui à terme pourraient être un frein à son évolution.

2/ Un salarié est reconnu comme un « pro » dans son domaine. Sa hiérarchie et/ou lui-même, souhaiterai(en)t le faire évoluer vers de nouveaux champs de compétences et/ou de responsabilités.

3/ Au terme d’une période significative d’intégration, un nouvel embauché souhaiterait se spécialiser sur un domaine précis de compétences.

Ces trois exemples illustrent la nécessité de proposer aux collaborateurs concernés un « complément sur mesure » de formation.

Il ne s’agit pas de reprendre un cursus exhaustif de formation, mais de rédiger une « ordonnance » qui préconise l’acquisition de compétences ciblées, afin de compléter la palette de compétences du salarié pour lui permettre d’atteindre l’objectif qu’il s’est fixé ou qui lui est proposé d’atteindre. C’est donc un dispositif de formation pragmatique, adapté à un objectif ou projet précis. Sa mise en œuvre se rapprochera de celle du tutorat : un tuteur sera désigné, un parcours sera défini avec des échéances précises, une validation des acquis sera réalisée.

Cette formule est désormais encouragée par des pouvoirs publics qui y voient un outil prometteur en matière d’insertion professionnelle.

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